L'actualité des 1 420 000 dernières années - Complément esclavage

L'esclavage: l'incroyable normalité.

Le texte ci-dessous est une refonte du paragraphe (inséré comme une NDR, note du rédacteur) placé dans " L'actualité des 1 420 000 dernières années " à la date de 1892, année où la loi française porte à treize ans l'âge minimum pour l'emploi des enfants dans les mines, alors que la loi de 1841 l'avait fixé à sept ans! Cette refonte inclut deux nouvelles sources : le code Hammourabi et "Histoire Mondiale de la France".

esclavage1892 (NDR) A propos de l'esclavage. Au fil des pages de ce livre on trouve la présence d'esclaves partout dans le monde et ce depuis la plus haute antiquité, ce qui tend à prouver mathématiquement que les êtres humains d'aujourd'hui sont tous descendants d'esclaves ou de propriétaires d'esclaves (ou bien qu'il existe une très très faible probabilité qu'ils ne soient ni l'un ni l'autre). On peut trouver inadapté de qualifier d'esclavage le travail des enfants dans les mines en France (voir lois de 1841 et de 1892), puisqu'ils n'ont pas de maitre qui peut les vendre comme du bétail, mais quelle chance pouvaient avoir les enfants ainsi traités de se " libérer " un jour de leur misère ? Si le commerce triangulaire (voir 1700) a atteint un sommet effrayant par son ampleur il s'inscrit aussi malheureusement dans une incroyable " normalité " acceptée par les différentes civilisations : les esclaves constituent un groupe dans la société, et c'est ainsi depuis toujours et partout. Les esclaves proviennent de l'esclavage pour dettes (adultes qui se vendent eux-mêmes ou vendent leurs enfants pour survivre), de razzias menées par des bandes en temps de paix, ou de prises de guerre. Les esclaves constituent un groupe social : on peut naitre esclave de parents esclaves, ce qui parfois n'empêche pas par exemple de suivre une période d'apprentissage et d'apprendre un métier (voir en 40 de notre ère " La cité du poisson au nez pointu " en Egypte, ainsi que les différents exemples ci-dessous).

esclavageEsclavage (NDR suite). Une des premières mentions écrites de l'existence d'esclaves se trouve dans le code de lois d'Hammourabi, roi de Babylone de 1792 à 1750 av. J-C. Le code édicte des règles pour la vie quotidienne et reflète l'échelle des hiérarchies sociales de la société babylonienne d'alors, au plus bas de laquelle se trouvaient les esclaves. Dans le code les esclaves, hommes ou femmes, sont décrits comme la propriété d'une autre personne. Et lorsque la justice doit s'exercer la différence de traitement entre le notable et l'esclave est énorme. Ainsi, si quelqu'un a frappé une fille de notable et l'a fait avorter, l'agresseur payera dix sicles (environ quatre-vingt grammes) d'argent pour le foetus ; si la fille meurt, on tuera la fille de l'agresseur. Si c'est une fille d'un homme du peuple et qu'elle avorte, l'agresseur payera cinq sicles pour le foetus, et dix-huit sicles si la fille meurt. Si la femme est une esclave, l'agresseur payera deux sicles pour le foetus, et six sicles si l'esclave meurt.

esclavageEsclavage (NDR suite). La Bible témoigne de l'abondance de cette pratique dans l'antiquité, surtout de l'esclavage pour dette ; par exemple dans le Deutéronome, chapitre XV : " Quand ton frère d'entre les Hébreux, homme ou femme, te sera vendu, il te servira six ans, mais la septième année tu le renverras libre de chez toi. ". Toujours dans la Bible on trouve ceci chez Néhémie 5 : " Nous engageons nos champs, nos vignes, et nos maisons, pour avoir du blé pendant la famine...Nous avons emprunté de l'argent sur nos champs et nos vignes pour le tribut du roi... et voici, nous soumettons à la servitude nos fils et nos filles, et plusieurs de nos filles y sont déjà réduites... ".

esclavageEsclavage (NDR suite). En 900 av. J-C Les phéniciens inventent la galère : les rameurs y sont des esclaves. Le célèbre poète Esope (700 av. J-C) est un esclave, difforme qui plus est, qui nous a laissé plus de trois cent fables dont La Fontaine s'est grandement inspiré. En 590 av. J-C Solon interdit en Grèce l'esclavage pour dette et en 539 av. J-C le roi de Perse Cyrus libère les esclaves. En 500 av. J-C à Athènes la démocratie est créée, mais les esclaves en sont exclus, comme ils sont exclus des gymnases.

esclavageEsclavage (NDR suite). On ne doit pas oublier qu'en 307 av. J-C Démétrios de Phalère, ancien esclave, philosophe du Lycée et réfugié en Egypte, suggère à Ptolémée II la fondation à Alexandrie du temple des muses, le Musée. Dans l'antiquité, on estime que l'empire romain aurait compté dans sa population dix à quinze pour cent d'esclaves à la fin du IVème siècle av. J-C, et trente à quarante pour cent au début du Ier siècle. Plus tard on retrouve la présence d'esclaves comme par exemple au temps des Mérovingiens (486-751), dans de bien macabres missions : la reine Frédégonde fait assassiner le roi Sigebert par deux esclaves qu'elle a elle-même armés de deux couteaux empoisonnés, et le roi Childéric fait égorger son épouse Galswinthe par un esclave, semble-t-il car elle se plaignait d'être méprisée par Frédégonde, autre épouse de Childéric. Dans le Coran (sourate 2), en 632 la loi accorde un statut aux esclaves : " La loi du talion vous est prescrite pour le meurtre : un homme libre pour un homme libre, un esclave pour un esclave, une femme pour une femme ". Encore un peu plus tard, au VIIIème siècle, les Vikings font des razzias dans toute l'Europe occidentale et autour de la Méditerranée avec pour objectif de piller les villes et capturer des prisonniers à revendre comme esclaves.

esclavageEsclavage (NDR suite). Les esclaves ont pu étonnamment accéder à de très hautes fonctions, ce qui est peut-être un témoignage de la " normalité " de leur présence dans la société (qui par ailleurs aussi trouve normale la présence d'eunuques, voir par exemple Abélard en 1118 dont le nouveau " statut " est prévu par l'église, ou de castrats appréciés pour leur voix... mais pas que... volontairement mutilés ; le travail des enfants, lui aussi, est normal...). Revenons aux esclaves : on peut citer pour débuter l'exemple de Geng Xun (voir 590) dans l'administration chinoise : né esclave il devient le protégé d'un gouverneur de Ling-Nan et plus tard l'empereur le nomme assistant exécutif du Bureau d'Astronomie et du Calendrier.

esclavageEsclavage (NDR suite). Au moyen-âge en France les sources manquent pour décrire le passage de l'esclavage antique au servage féodal, car les deux conditions co-existent et l'esclavage perdure, peut-être de façon limitée. Mais jusqu'à la fin du IXème siècle en Europe l'existence de plaques tournantes de trafic d'esclaves est attestée à Prague, Verdun, Milan et dans les ports scandinaves : elles fournissent des esclaves issus de razzias dans toute l'Europe, mais il y a aussi des esclaves enfants vendus par leurs parents à cause de la misère. Les esclaves ne possèdent rien, pas même leurs enfants ; ils peuvent être installés sur une terre et devenir les ancêtres des serfs. En réalité il est difficile, dans les textes de la deuxième moitié du moyen-âge en France (très souvent ce sont des chartes ou des actes notariés que l'on a retrouvés), de distinguer esclave et serf désignés par le même mot tout latin servus, alors qu'en anglais le mot theow désigne uniquement l'esclave. Du point de vue du quotidien il y a une distinction simple : il y a des marchés aux esclaves, qui peuvent être emportés par leur maitre dans toute l'Europe, et pas de marché aux serfs, qui sont prisonniers d'un terroir. Le mot " esclave ", apparu en Italie, est utilisé en France à partir du XIIIème siècle, peut-être par déformation du mot " slave ".

esclavageEsclavage (NDR suite). Au milieu du XIIIème siècle quand l'esclavage semble disparaitre de l'Europe du Nord il se développe autour de la Méditerranée, en particulier à Gênes, Florence, Pise et Venise et l'on retrouve des esclaves tout autour de la Méditerranée. Mais le chroniqueur Guilbert de Nogent nous apprend qu'au début du XIIème siècle, loin de la Méditerranée, l'évêque de Laon, Gaudry, possède pour sa protection personnelle au moins un esclave de couleur, un " Maure " (originaire d'Afrique occidentale). L'existence d'esclaves, comme dans l'antiquité, parait donc normale à leurs contemporains, même aux membres de l'église. Les captures en Méditerranée ont lieu surtout dans les zones de contacts entre Chrétiens et Musulmans, ennemis jurés depuis les croisades, puis, avec l'ouverture des routes commerciales, vers l'orient en général et en particulier en Mer Noire avec l'ouverture en 1261 d'un comptoir génois à Caffa en Crimée. Sur le marché apparaissent alors des esclaves russes, tatares, turcs, bulgares, albanais ou grecs, qui font la fortune des marchands italiens ou catalans. Le royaume de France d'alors reste en dehors de ce trafic mais dans le Comté de Provence et dans le Comté du Roussillon, attaché au royaume d'Aragon, il y a des marchés aux esclaves dans toutes les villes portuaires et même à l'intérieur des terres comme à Tarascon ou Aix-en-Provence. Aussi en 1271 en Roussillon on trouve l'exemple d'une petite exploitation agricole mise en vente " avec jardin, dépendances, âne et sarrasin " : comme toujours l'esclave est vendu comme de la marchandise, comme du bétail.

esclavageEsclavage (NDR suite). En 1274 deux tiers des esclaves de Gênes sont des " Sarrasins " (originaires des pays musulmans). En 1366 à Florence un registre des ventes d'esclaves est tenu, et des contrats d'achats d'esclaves sont rédigés en particulier pour les chantiers de construction. En 1380 à Sienne (ville de Toscane) il y a trois mille à cinq mille esclaves (sur une population n'excédant probablement pas vingt-cinq mille habitants à l'époque, pour cinquante-quatre mille en 2017) dont quinze pour cent de Sarrasins et quarante pour cent d'hommes et de femmes provenant des rives de la Mer Noire. On retrouve les esclaves dans les recensements à but fiscal, non comme " bouche ", mais parmi le bétail avec les ânes, les boeufs et les chevaux. (NDR : cela explique peut-être pourquoi les textes médiévaux ne s'intéressent pas à la présence des esclaves : ils n'ont pas plus d'intérêt que le bétail !). Dès le IXème siècle les armées islamiques achètent des esclaves à qui on donne le nom de mamelouk ou " chose possédée " ; la plupart des esclaves enrôlés dans l'armée sont de jeunes garçons nés dans les steppes du nord-ouest ou dans le Caucase ; très tôt ces esclaves militaires, une fois affranchis, progressent dans la hiérarchie et parviennent même jusqu'aux plus hautes fonctions militaires des états musulmans.

esclavageEsclavage (NDR suite). En France en 1376 Christine, esclave tatare, est libérée à la mort de son maitre, dont elle a eu un enfant, en échange d'une somme de vingt-huit florins or à payer en quatre fois, sept florins à chaque St Michel : elle doit donc acheter sa liberté ! En 1377 est vendue Anthonia, une esclave blanche et baptisée dont cependant la propriétaire garde l'enfant, âgé d'un an. En 1381 un maitre marseillais libère dans son testament Lucie, qui a vécu treize ans avec lui et dont il a eu plusieurs enfants. En 1465 un marseillais achète une esclave noire et son fils de quatre ans, enfant qu'il revend trois ans plus tard.

Esclavage (NDR suite). En opposition à ces pratiques certaines villes françaises sont heureusement devenues des lieux d'accueil pour les esclaves. En 1446 Antoine Simon, esclave noir de Barcelone réfugié à Pamiers dans le comté de Foix, est déclaré libre et citoyen de la ville à l'issue d'un procès opposant son maître barcelonais à Pierre Toc. Pierre l'avait recueilli en vertu des coutumes de Pamiers datant de 1228, identiques à celles de Toulouse, accordant la liberté à tous ses habitants ; le juge lui-même a confié lors du procès qu'il était né d'une esclave libérée arrivée à son arrivée à Pamiers.

esclavageEsclavage (NDR suite). Comme les armées islamiques avec les mamelouks, l'empire ottoman à partir du XIVème siècle fait de même avec les janissaires, esclaves chrétiens d'origine européenne, qui constituaient l'élite de l'infanterie. Mais une autre destinée peut attendre les esclaves de l'autre côté du monde : en 1432, le roi de Corée Sejong demande à Chang Yong-Sil, ancien esclave, d'assister l'astronome Kim Pim pour fabriquer un carillon automatique.

esclavageEsclavage (NDR suite). Plus tard Saint Vincent de Paul (1581 1660) est lors d'un voyage en Méditerranée capturé par les pirates barbaresques et emmené comme esclave à Tunis. Autre exemple cette fois-ci d'une incroyable destinée : Abraham Hannibal (1696 1781), capturé à l'âge de sept ans par des esclavagistes musulmans, est acheté à Constantinople pour le compte de Pierre le Grand ; il devient secrétaire de l'empereur qui remarque son intelligence exceptionnelle, qui l'éduque et le propulse général en chef de l'Armée impériale russe ! Mais en Russie Catherine II La Grande (règne 1762-1796) ne laisse aucune chance aux paysans analphabètes qui sont des quasi-esclaves vivant dans la misère et leurs explosions de colère sont réprimées sans pitié.

esclavageEsclavage (NDR suite). Lors de ses voyages (de 1766 à 1779) le Capitaine Cook témoigne de la présence d'esclaves, d'abord au Brésil. Voici son témoignage : " A Rio de Janeiro, en s'enfonçant loin dans les terres, on trouve des mines où l'or est abondant. Elles sont tenues secrètes et toute personne trouvée sur le chemin qui y conduit est pendue au premier arbre si elle ne donne pas une réponse satisfaisante à sa présence. Près de quarante mille africains sont importées annuellement pour creuser dans ces mines, qui sont extrêmement dangereuses et entrainent une telle mortalité qu'en 1766 vingt mille esclaves furent amenés de Rio pour compenser les pertes. Qui peut lire ceci sans émotion ". On peut donc se poser ces tristes questions : combien de morts pour un gramme d'or, combien de morts pour ce magnifique collier au cou d'une frivole princesse ?

esclavageEsclavage (NDR suite). Cook témoigne aussi de la présence d'esclaves, non d'origine africaine, dans tout le Pacifique et sa ceinture : à commencer par Tahiti. Il observe aussi que dans la pyramide sociale de Savu ou Sawu, île de l'archipel de la Sonde orientale, on trouve les propriétaires terriens, les artisans, les paysans et les esclaves ; le prix d'une esclave est celui d'un cochon gras. A Unalaska, ville d'Alaska, il trouve des Russes qui collectent des fourrures, et qui ont des serviteurs et des esclaves. A Batavia (Jakarta) où Cook est en escale pour réparation le naturaliste Banks trouve un hôtel dont le gérant s'engage à lui trouver des esclaves. En 1852 l'écrivaine américaine Harriet Beecher Stowe publie " La Case de l'Oncle Tom " : ce n'est pas un roman, c'est une réalité ; l'esclave est du bétail, une marchandise, et, comme depuis des temps immémoriaux, on trouve cela normal. En 1855 à Cumana, au Venezuela, Alexandre de Humboldt éprouve un profond dégoût en assistant au marché aux esclaves de la ville : il deviendra un fervent partisan de l'abolitionnisme, et il faudra beaucoup de partisans pour éradiquer l'esclavage, qui a permis à certains de se constituer des fortunes (là aussi on oublie de dire que si les armateurs français, anglais ou hollandais ont profité du juteux commerce triangulaire, il n'en est pas de même pour les marins embarqués dans leurs tristes expéditions, qui retrouvaient leur misère à terre ; quelques familles européennes seulement, " oubliant " de partager, se sont immensément enrichies).

esclavageEsclavage (NDR suite). En Amérique du nord les colons européens découvrent en 1820 que les Amérindiens Comanches capturent les femmes comme esclaves pour assister les épouses des guerriers et assurer une descendance ; mais les femmes esclaves peuvent être adoptées par les vieilles épouses ou épouser un guerrier et deviennent alors des Comanches à part entière, cependant elles restent, comme toutes les femmes, de simples servantes.

[La grande histoire du monde. / L'esclavage - les grands évènements de l'histoire - Avril mai juin 2025. / PMA Passionnément Moyen âge - Plaidoyer pour le petit peuple - Claude Gauvard - Ed Taillandier. / Histoire et Civilisations - Antonio Ratti - Le Monde. / [Les Mérovingiens - Françoise Vallet - Découvertes Gallimard. / LSCELO. / Mes étoiles noires - Bernard Fillaire et Lilian Thuram - Ed Philippe Rey]. / TVOCC. / Histoire Mondiale de la France - Seuil - Sous la direction de Patrick Boucheron - Un esclave noir à Pamiers - Hélène Débax./ Code Hammourabi - Wikipédia].

Esclavage : le lourd tribut de l'indépendance et de l'abolition !

esclavage1825 Le 3 juillet le Baron de Mackau (1788 1855), amiral de France, émissaire du roi de France Charles X, débarque avec trois bateaux de guerre à St Domingue (devenu Haïti) pour y faire accepter le principe d'une indemnité versée à la France en échange de l'indépendance de l'île. En 1791 une insurrection des esclaves avait abouti deux ans plus tard, en 1793, à la fondation de la première république issue de l'esclavage. L'indépendance fut autoproclamée en 1804 par Jean-Jacques Dessalines (créole d'origine afro-caribéenne, né esclave en 1758 dans une exploitation du Nord Haïti), après des années de combat contre les troupes françaises envoyées par Napoléon Bonaparte pour rétablir l'esclavage. Mais l'isolement diplomatique de l'île qui en suivit obligea le nouveau président Alexandre Pétion (créole né en 1788 à Port-au-Prince, militaire qui fait ses études à l'Académie militaire de Paris, envoyé par son père, un riche colon français) à négocier avec Louis XVIII, dès 1814, la reconnaissance et l'indépendance d'Haïti, mais sous réserve du versement d'une énorme indemnité de cent cinquante millions de francs or. Cette indemnité était destinée à dédommager les anciens propriétaires ayant fui l'île et perdu l'accès à leur propriété. Malgré les menaces militaires, Haïti obtient la réduction de l'indemnité à cent-vingt francs or par habitant, et en 1825 le sénat haïtien autorise le président Boyer (né en 1776 d'un père français et d'une mère africaine, ancienne esclave du Congo), à ratifier l'ordonnance de Charles X.

esclavage1825. L'indemnité infligée à Haïti, malgré la négociation, reste énorme : la même année, le 27 avril, Charles X met en place un nouvel impôt destiné au paiement par le peuple français "du milliard des émigrés", en réalité une somme équivalente à trente francs or par français. Cet impôt est destiné à financer l'indemnisation de ceux dont les biens furent vendus comme biens nationaux : biens de l'église, de la couronne, des nobles, et des émigrés : mobiliers, bâtiments, terres agricoles, mines, bois et forêts. Cette décision, on s'en doute, est prise par un gouvernement ultra-royaliste qui aspire à corriger les méfaits de la révolution. Dans la même logique, en 1849, les royalistes, considérant que la France révolutionnaire avait encouragé et organisé l'esclavage puis lésé les propriétaires en déclarant l'abolition, acceptent le principe du versement d'une indemnité aux colons, idée qui est à contre-coeur soutenue par les abolitionnistes pour accélérer la libération des esclaves. Ainsi dix mille propriétaires bénéficieront de l'indemnité, supposée par ailleurs favoriser la transition vers le travail "libre" et rémunéré des anciens esclaves. [Histoire Mondiale de la France - Seuil - Sous la direction de Patrick Boucheron - Jessica Balguy]

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