1816 est " l'année sans été " mais également l'année de la première grande épidémie de choléra, maladie limitée avant cette date à la baie du Bengale, peut-être enclenchée par les inondations catastrophiques du Gange. Le hasard veut paradoxalement que l'on observe alors les premiers signes d'un réchauffement climatique : la disparition, à la fin de l'été 1817, de la barrière de glace au nord de l'île du Spitzberg. [HMDLF Jean-Baptiste Fressoz et Fabien Locher]
1832 Début mars les premiers cas de choléra apparaissent en Europe sur les rives de la Mer du Nord, puis le long du Rhin et touchent Paris le 26 mars. L'épidémie provoque en quelques semaines la mort de cent mille personnes, dont vingt mille parisiens. On croit alors que la maladie touche uniquement les personnes vivant dans la misère et l'insalubrité. Mais le président du Conseil, Casimir-Pierre Perier (1777 1832), lors d'une visite des malades à l'Hôtel Dieu de Paris le 6 avril, est lui-même contaminé : atteint de diarrhées et de vomissements intenses dès le lendemain, il meurt quelques semaines plus tard malgré les soins des meilleurs médecins. La première pandémie de 1817 s'était arrêtée aux portes de l'Europe, mais avait fait cent mille victimes à Java. La pandémie de 1832, avec les mouvements de troupes des armées, l'intensification des transports internationaux, atteint le monde entier. Il faut attendre 1853 pour que le médecin John Snow démontre que la maladie se propage par l'eau de consommation. Convaincue de l'enjeu la municipalité de Londres engage de grands travaux de réaménagement des réseaux d'égouts et d'adduction d'eau, évitant ainsi les épidémies à partir de 1866, tandis qu'à Paris la cinquième pandémie, de 1880 à 1890, fera encore des victimes. C'est seulement en 1883 que Koch parvient à isoler le bacille du choléra. [HMDLF Nicolas Delalande]
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