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Etymologie des mots utilisés en musique - Premier troubadour

Etymologie des mots utilisés en musique

Musique Quand on possède un nom un peu particulier (voir page "l'auteur"), et que par héritage on a dans sa bibliothèque un dictionnaire étymologique de L.Clédat, daté de 1923, passionnant car les mots y sont regroupés par famille d'origine, indiquant leur filiation et l'évolution de leur sens... On ne peut que s'intéresser à l'origine des mots, qui donne un éclairage parfois inattendu.

Et quand, de plus, on aime la musique, on cherche l'étymologie des mots utilisés lors des répétitions et des concerts, on découvre ce qui rapproche les ministres et les ménestrels, en quoi les altos ont un lien avec l'alimentation, mais aucun avec l'altération, et comment le timbre peut désigner à la fois la couleur d'un son et, de nos jours, un bout de papier autocollant ! Voici donc, extraite de ce dictionnaire, un large choix de mots, sur le thème du son, de la voix, de la musique, de la danse, et au-delà quand le mot, comme on l'écrit dans les guides touristiques, "vaut le détour" voire "mérite le voyage".

Certains commentaires dans le dictionnaire laissent penser que les étymologistes ne sont pas toujours d'accord entre eux (l'étymologie a aussi évolué depuis 1923), et voulant rendre à César ce qui est à César, l'auteur a gardé du dictionnaire son écriture des mots grecs et sa présentation, avec des renvois vers la famille d'origine si besoin.Entre crochets: les commentaires de l'auteur.

Accent : voir chant.

Accident : voir choir.

Accompagner : voir pain.

Accord : voir coeur.

Adagio : voir aise.

Air : du latin aerem. Du sens de " air qu'on respire " on a passé par figure au sens de " sentiment qu'on respire, mine indiquant un état de l'âme (ou du corps) " et le sens de " mine " a engendré celui de musique d'une chanson (c'est la manière de la présenter), puis de morceau de musique en général. aria et son diminutif ariette sont d'origine italienne. [Chanter un " air " joyeux avec une triste mine est donc aussi une aberration du point de vue étymologique !].

Aise : du latin adjacencia avec l'idée de facilité résultant de la proximité. La forme italienne est agio d'où adagio " à l'aise ".

Alexandrin : vers employé dans un roman du moyen âge consacré à Alexandre.

Aliment : du latin alimentum ; se rattache au verbe latin alere, qui, comme nutrire, avait le sens de nourrir. Le participe passé altum, nourri, d'où grandi, grand est devenu haut. Nous avons emprunté à l'italien les mots alto et contralto. [La musique primitive était à priori monodique. Cette monodie fut appelée plus tard la " teneur " (au sens de mélodie principale : voir ténor) lorsque se sont ajoutées une voix basse (voir ce mot), et une voix haute : l'alto. Quand on a ajouté une voix encore au dessus, on ne pouvait pas l'appeler alto, on l'a donc appelée soprano (voir ce mot), au dessus du haut ou " plus haute que haute " !]

Allusion : du verbe ludere, supin lusum, jouer. Faire une allusion, c'est rappeler en se jouant, sans insister. Une illusion, c'est une impression dont nous sommes le jouet. Nous avons aussi emprunté le composé préluder d'où prélude, jeu préalable.

Altération : voir autre.

Andante : participe présent du verbe italien qui est l'équivalent de notre verbe aller, proprement en allant, sans se presser.

Ant ou anté : préfixe latin, avant ou devant, et ant ou anti [voir antienne], préfixe grec, vis-à-vis et contre. L'adverbe latin ante a donné ancien, et avec le préfixe ab- devenu av- a donné avancer.

Antienne : est le latin antephona, du grec antiphôna, proprement chant où une voix répond à une autre ; dérivé savant : antiphonaire.

Appui : voir pied.

Apte : du latin aptum, participe passé du vieux verbe latin apere qui signifie attacher. A la racine ap- du verbe latin se rattache le substantif co-apula, devenu apula, qui signifie lien, réunion, d'où dérive notre mot savant copule et son doublet populaire couple. couplet : proprement ensemble de vers accouplés par la rime.

Armature : armer est le latin armare, qui signifie arranger, adapter, équiper, apprêter (armer un fusil) ; armure et son doublet armature est un assemblage de pièces de soutien. [En musique l'armature serait donc la pièce de soutien de la tonalité].

Arranger : voir rang

Art : du latin artem, proprement combinaison (cf armature). Le latin a aussi artum (grec arthron) qui signifie jointure de membre, auquel se rattache articulum d'où dérive article et orteil (déformation d'arteil), le premier n'étant plus utilisé qu'au sens figuré de composé d'un traité, d'un journal, etc. de la durée (à l'article de la mort) et articuler. [Aussi garder les orteils en éventail, bien détendus, devrait nous aider à bien articuler : l'étymologie au secours du chant et du farniente, c'est beau.]

Assise : voir seoir

Aubade : dérivé de aube, qui est le féminin alba de l'adjectif latin qui signifie blanc, que l'on retrouve dans album.

Autre : du latin alterum. Dérivé savant altérer, proprement rendre autre (aussi corrompre, modifier, altérer par la soif), d'où altération.

Bal : substantif verbal du vieux verbe français baller, latin populaire ballare, danser. Diminutif ballet ; adjectif participial dans "bras ballants". Dérivés d'origine provençale : ballade, chanson à danser, et baladin ; d'origine italienne : ballerine ; d'origine portugaise : bayadère, balladeira.

Ban : d'origine germanique. Un ban est proprement une proclamation (francique bannjan, proclamer) : bans de mariage, ouvrir le ban. Les seigneurs usaient du ban pour condamner, d'où banni. La banlieue, c'est la lieue et au-delà autour de la ville où le ban a force de loi comme en ville. Le four banal était le four désigné par ban pour l'usage commun, d'où le sens actuel. Bandit est la forme italienne de banni, et un forban est hors le ban.

Banc : du germanique bank. Le saltimbanque saute par-dessus les bancs.

Bande : d'origine germanique (cf allemand moderne binden, lier) exprime l'idée de bande d'étoffe, de drapeau (banderole), puis de troupe de soldats réunis sous un même drapeau et de groupe de musiciens. [Bande signifiait orchestre autrefois, repris par une formation d'instruments anciens : " La petite bande " ; en anglais " Brass Band " : troupeau de musiciens complètement " cuivrés "].

Baroque : espagnol barrueco, perle de forme bizarre, d'où par extension l'idée générale de bizarrerie.

Baryton : voir grief.

Basse : bas est le latin bassum, surtout usité en latin comme surnom. Cet adjectif s'emploie substantivement au féminin, comme terme musical, pour désigner la voix ou un instrument qui donne les notes basses. [Nous ressentons les notes graves plutôt dans le bas du corps, d'où leur autre nom de notes basses].

Bave : onomatopée, exprimant à la fois une idée de salive et de babil [babiller est aussi une onomatopée]. A l'idée de babil se rattache bavard. [Combien de chefs en ont bavé du bavardage de leurs choristes !].

Bécarre : emprunté à l'italien, signifie b carré, comme bémol signifie b mol (arrondi).

Bis : préfixe latin de la même famille que deux et signifie " deux fois ", d'où binaire.

Blanche : d'origine germanique.

Bouche : est le latin bucca. Dérivé savant buccal ; dialectal bouquin (dans cornet à bouquin).

Cadence : voir choir.

Calendes : latin calendas, se rattache au verbe calare, grec kalein, appeler. Les calendes étaient le jour où le pontife " annonçait " les nones (jours fixés au 5 ou au 7 du mois). Intercaler, c'était annoncer un jour supplémentaire. L'ekklésia, église, est l'assemblée des fidèles appelés à se réunir, puis le lieu de réunion. Le verbe latin clamare, crier, se rattache à la même famille et a donné clamer, déclamer, etc. Le latin clarum, lequel signifie d'abord sonore, puis par figure brillant de lumière, a donné clair, puis clairon et clarinette, et aussi glaire (blanc d'oeuf). Le latin classicum, appel, a donné glas, tandis que classem, réunion, a donné classe et son dérivé classique.

Cap : vient du latin caput, génitif capitis, qui signifie tête et a produit chef en formation populaire. Autre dérivé chevet, partie du lit où repose la tête (d'où par figure le chevet d'une église). Les cheveux, du latin capillos, sont les poils de la tête. Dans les bandes gasconnes, le capitaine est le cadet, dont le sens actuel vient de ce que les cadets étaient ordinairement des puînés [L'aîné héritant de la propriété par droit d'aînesse]. Au sens figuré de " qui est à la tête " on a chef-d'oeuvre et chapiteau de colonne. Emprunté à l'italien en musique : da capo, depuis la tête du morceau.

Cape et chape : du latin cappa, manteau à capuchon, d'où capucin et chapelle, endroit où l'on conserve la chape d'un saint, également lieu où s'installaient les musiciens puis ensemble des musiciens (orchestre) d'où maitre de chapelle et en italien capella d'où a capella (sans orchestre). Dérivé échapper : se dégager de sa chape pour fuir [Retenir par le maillot est toujours pratiqué de nos jours !]. De la famille de cap et cape : capital, caboche, cabillaud, précipice, biceps, chavirer et capoter, achever et acheter, de rechef, cheptel, chapitre, capable, accaparer, enchevêtrer, captif et chétif, réception, perception, etc...

Certain : est le latin certanum, qui se rattache au verbe cernere, qui signifie trier et voir ce qui doit être décidé, le décider. Des composés latins de cernere ont donné décerner, discerner et concerner. Concert est tiré de l'italienconcerto. Le sens musical de concert et de concertant est une spécialisation de la signification plus générale : se mettre d'accord.

Césure : latin caesura, se rattache au verbe caedere, supin caesum, qui signifie couper et tuer ; on appelait Caesar, devenu César, l'enfant tiré par une opération sanglante des entrailles de sa mère, d'où césarienne. Décider, c'est proprement couper de, trancher une difficulté ou un différend. La concision est la qualité qui consiste à couper les détails superflus [soyez le plus concis possible !] ; la précision coupe " devant ", limite strictement la pensée. [César a donné Kaiser en allemand ; Tsar en russe a aussi été rattaché à César, sans doute à tort, dixit L Clédat]. [Par ailleurs, évitez de dire la phrase suivante, très vexante: " Je serai le plus concis possible "].

Chaloir : est le latin calere, avoir chaud, et au figuré être chaud pour quelque chose (chaland, client empressé). Avec facere, faire, le latin avait calefacere, d'où chaufferette et échauffement.

Champ : est le latin campus, plaine, champ et espace. Campus stellae, champ des étoiles, a donné Compostelle.

Chant : est le latin cantum (d'où cantilène, cantique), supin du verbe canere, chanter, qui a donné cantor devenu en français chantre et chanteur, ainsi que cantionem (action de chanter) qui a donné chanson, et donné un autre verbe, cantare, qui a donné cantate en italien devenu en français chanter. Enchanter, dont incantation est un dérivé savant, signifie proprement chanter sur, d'où ensorceler, et, par atténuation, ravir de plaisir. Ad- et cantum a donné accentum, d'où accent.

Chant (dans l'expression poser sur chant): parait être le latin canthum, du grec kanthon, coin, côté. D'où chanteau de pain, bout de pain, cantonnier, qui s'occupe d'un coin de route. Parler à la cantonade, italien cantonada, coin de la scène, c'est parler comme à quelqu'un qui serait dans la coulisse. [Poser une planche sur chant, ce n'est donc pas le faire en chantonnant, mais la poser sur le côté, avec ou sans bout de pain].

Chef : voir cap

Choeur : est le latin chorum, nominatif chorus. Le mot, d'origine grecque, exprime l'idée de danse et l'idée de chant. La première idée s'est appliquée à chorégraphie, la seconde a prévalu dans choral, choriste. Le chorège de la Grèce antique avait la haute main sur les choeurs de théâtre comme le stratège sur les troupes.

Choir : est le latin classique cadere (d'où caduc), supin casum. Chute est originairement une forme du participe passé de choir, d'où dérive chance : c'est le fait, pour ce qui arrive, de tomber bien ou mal. Le doublet italien de chance nous a fourni cadence qui signifie chute d'une phrase, d'un vers, etc. et, si cette chute se reproduit régulièrement, rythme. Les composés latins de cadere avaient la forme –cidere, d'où insecticide [et tous les autres " -cides "] et accident.

Chromatique : voir couleur

Clair, clamer, clarinette, classique : voir calendes.

Citer : latin citare, qui se rattache au verbe ciere, supin citum, mettre en mouvement, appeler, puis mettre en évidence, d'où citation. Réciter, c'est produire en le reprenant, un texte appris par coeur, dérivés récital et récitatif.

Clou : est le latin clavem (en grec kleida, d'où ophicléide, sorte de tuba à clefs du XIXème siècle) et est devenu clef, la clef étant originairement une sorte de clou. Le clavier est l'ensemble des touches qui ouvrent et ferment les tuyaux de l'orgue.

Coda : voir queue.

Coeur : est le latin cor, génitif cordis, d'où courage et cordial, et aussi accorder. Le vieux verbe français recorder, qui signifie remettre au coeur, à la mémoire, a donné record, repris à l'anglais. Croire, c'est proprement donner son coeur. [" Recorder " en anglais signifie à la fois flûte et enregistreur].

Coi : latin classique quietum. Le mot tout latin requiem signifie " retour à la tranquillité ". Citons, à titre de curiosité, l'opinion de Furetière, d'après lequel le nom du requin lui viendrait de ce que, après sa morsure, on n'a plus qu'à chanter le requiem. [Les étymologistes se moquent parfois des étymologistes…].

Comma : absent de notre dictionnaire. Vient du grec komma, séparation. [Cet intervalle est voisin de 1,36 %, et un La à 434 est seulement un comma en dessous du diapason à 440 (Hz). On lit souvent qu'il y a 5 commas par ½ ton chromatique et 4 par ½ ton diatonique, et donc 9 commas par ton (non tempéré, bien sûr). C'est très approximatif car en réalité les valeurs sont respectivement plus proches de 4,86 , 3,86 et 8,72 : voir paragraphe du livre sur le tempérament, placé en 1619. (La même vielle astuce pour vous refiler un autre paragraphe !)].

Composer : voir site

Concert : voir certain

Conduire : voir duire

Connaître : est le latin cognescere, supin gnotum, d'où note , marque qui permet de reconnaître.

Continu : voir tenir

Couleur : du latin colorem. Le mot grec signifiant couleur est khrôma, génitif khrômatos d'où chromatique .

Couplet : voir apte

Croc : origine douteuse. Dérivé : croche .

Danser : d'origine germanique ; remonte à une forme du vieux haut-allemand. L'allemand moderne tanzen est considéré comme d'origine française. [On a donc abandonné " baller " (voir bal) pour un mot germanique que les allemands nous ont repiqué !].

Deux : est le latin duos (latin classiqueduo ). Le dérivé duplum a donné double .

Dia : préfixe grec qui comme le latin dis part d'une idée de dualité pour aboutir à une idée de séparation, et aussi de passage à travers. D'où diapason , à travers toutes les notes (voir pan). Diaphragme , proprement qui ferme en séparant. Diatonique : à travers tous les tons. Dièse , grec diesin, proprement séparation, intervalle, passage d'un ton à un autre.

Dilater : du latin dilatare, formé sur l'adjectif latum qui a donné , largeur d'étoffe, qui se confond, pour la signification, avec largum, français large , et dilater veut dire élargir . grasfebLargo nous vient de l'italien.

Diriger : voir régir

Dissonance : voir son.

Duire : vieux verbe français, d'où le composé conduire, issu du latin ducere, rattaché à ducem, celui qui mène, chef, qui a produit doge et duc. D'autres composés de ducere ont donné introduction et réduction.

Echauffement : voir chaloir

Eglise : voir calendes

Entendre : voir tenir

Epice et espèce sont des doublets venant du latin speciem qui signifie proprement aspect, apparence. A l'origine est le verbe latin specere qui signifie regarder. Sur le supin les Latins avaient fait spectare qui nous a fourni spectacle et spectateur.

Esprit : latin spiritum, souffle et âme, se rattache au verbe spirare, souffler, d'où respirer, soupirer.

Ester : conservé dans " ester en justice ", vient du verbe latin stare, se tenir debout, immobile, d'où Stabat mater [la mère (de Jésus) se tenait debout …]. Dérivés stabilem, d'où stable ; stabilire, d'où stature et statue ; statuere, prendre une décision qui doit rester debout, d'où statut ; statum, manière de se tenir, d'où état et statu quo, stance, de l'italien stanza, arrêt ou couplet d'un certain nombre de vers, le vieux français étance, d'où étançon (pièce qui forme le corps de la charrue et tient les socs), stage et son doublet étage, étang, étable, connétable, stand et vestibule, formé avec le mot italique vera, porte. Une autre forme de stare, sistere, a donné instant, insister, rester, résister, constance, constat. Constare, être établi, est devenu coûter. La substance est " ce qui se tient sous ", la subsistance est " ce qui permet de se maintenir après ", et distance, qui sépare. De obstare, se tenir devant ou en face, avec l'idée de s'opposer, d'où obstacle, ou d'aider, d'où obstétrique, ou d'enlever, d'où ôter. Et : prestation, extase, prostate (glande qui se tient devant) et [pour finir] système ! [Et je suis loin d'avoir tout cité !]

Estrade : forme provençale du vieux français estrée, de sternere, qui signifie " étendre à terre ". Dérivé composé prosterner.

Exempt : du latin eximere, supin exemptum, qui signifie enlever, issu de emere, prendre, qui a donné rédempteur. Promptum, qui signifie mis à la portée, a donné prompt et le mot tout latin impromptu : à la portée, sous la main, sans préparation. Vindemia, proprement enlèvement du vin, a donné vendanges. Emere a donné, avec le préfixe su-, sumptum, qui a donné somptueux.

Faillir : se rattache comme falloir au verbe latin fallere, supin falsum, qui signifie tromper, et du sens de tromper on a passé au sens de faire défaut, manquer, comme dans " il s'en faut ". Dérivés faux et fallacieux, du latin fallacem, trompeur.

Fanatique : du latin fanaticum, dont le sens primitif est inspiré des dieux, qui se rattache au latin fanum, lieu consacré. Profane signifie proprement devant le lieu consacré, hors du temple.

Flonflon : comme cricri, crincrin, chuchoter, murmurer, ce sont des onomatopées (voir poème).

Florilège : voir lire

Fraction : du verbe latin frangere, supin fractum, dérivés frêle, fragile et fragment. Réfraction : brisement ou déviation d'un rayon, et, d'origine provençale, refrain, déviation des couplets et retour d'un même groupe de vers.

Fuir : latin classique fugere. Fugue nous vient de l'italien fuga qui signifie fuite.

Gamme : de gamma, nom d'une lettre grecque que l'on employait, dans le système de représentation des notes par des lettres, pour désigner le sol grave du violoncelle, première note grave de l'instrument. [Les anglo-saxons ont conservé des lettres pour le nom des notes, de A à G en partant du la ; les allemands utilisent le B pour désigner le si bémol, et le H pour le si bécarre : ainsi B-A-C-H a pu devenir le thème de l'offrande musicale, et la messe en si mineur de Bach s'intitule en allemand H moll Messe].

Grief : vieil adjectif conservé dans l'adverbe grièvement et le substantif grief, est le doublet de grave, latin classique gravem, pesant, sérieux, bas (en parlant du son). On a la forme grecque de cette racine dans baryton, proprement ton grave.

Harmonie : du grec harmonia, qui signifie ajustement et qui est apparenté au latin armare, équiper. Dérivés : harmonique, harmonica.

Haut : voir aliment

Huit : est le latin octo, qui a donné octave. L'h s'explique comme dans huile (voir ce mot).

Huile : du latin oléa. Huile a d'abord été uile, auquel on a rajouté un h pour ne pas confondre avec vile.

Improviser : voir voir (!)

Impromptu : voir exempt

Interprète : voir prix

Intervalle : latin intervallum, formé sur vallum, masculin, pieu, ou vallum, neutre, fortification, désigne l'espace entre eux.

Introduction : voir duire

Jurer : est le latin jurare, qui signifie attester le droit. Juste a le sens de conforme. Justesse est de formation française. [Chanter juste serait donc faire preuve de conformisme, ce que certains ou certaines choristes veulent à tout prix éviter, semble t-il].

Lancer : du latin lancea, emprunté au celtique, jeter la lance puis jeter violemment à travers l'espace [Ainsi devraient faire, selon certains chefs de choeur, les sopranos de leur voix !].

Largo : voir dilater

Lecteur : voir lire

Legato : absent de notre dictionnaire, c'est un mot italien qui signifie lié [Chanter legato, c'est pas de la tarte !].

Lire : est le verbe legere, supin lectum, dont le sens primitif parait avoir été " assembler, choisir ", assembler des lettres pour former des mots, etc. Dérivé : lecture, lecteur. Un florilège est un assemblage de fleurs ; élire est un composé de legere au sens de choisir. Le composé latin colligere a donné cueillette et recueil. Relegere signifiait proprement recueillir avec soin, et religionem a eu le sens primitif de soin, scrupule, puis pratiques cultuelles, d'où religion.

Litanies : du grec litaneia, prière

Magne : vient de magnum, grand, qui se rattache à la racine mag- en latin et meg- en grec. Le dieu Maïus, qui préside à la croissance, a donné son nom au mois de mai. Le comparatif major (plus grand) a donné maire, majeur et mage dans " juge mage " du provençal. Dérivés maîtrise, dirigé par un maître de chapelle, magistral et mistral (vent magistral)

Manger (un son) : latin manducare, dérivé mastiquer. Le grec mustaka, lèvre supérieure, a donné moustache.

Méli-mélo : vieux français mêle-mêle, peut-être influencé par le grec mêlomeli, boisson de pommes et de miel.

Mélodie : voir ode

Messe : voir mettre

Messie : d'un mot hébreu qui signifie oint et dont Christ est la traduction grecque.

Mesure : du latin mensura, rattaché au verbe metiri. Dérivés métronome et symétrie.

Mettre : du verbe mittere, supin missum, au double sens d'envoyer et de placer, d'où metteur (en scène). Missum a donné le vieux français mes, qui a donné au féminin messe, cérémonie se terminant par le " missa est ", formule de congé des fidèles à la fin de l'office, au masculin message, au neutre ce qui est envoyé sur la table, aujourd'hui écrit mets.

Mode : du latin modum, mesure et manière, dérivé modal. L'adverbe modo signifie dans un temps modiquement éloigné, d'où moderne. Dérivé comme, où co- représente le latin quomodo et –me mode.

Moindre : est le latin minor, et moins le latin minus, deux formes d'un mot qui signifie " plus petit ". Le doublet savant de moindre est mineur. A minor et minus se rattache ministrum, d'où ministre, dont le sens primitif est " celui qui agit sous les ordres d'un maître ". Le doublet populaire de ministère est métier. Les dérivés ménestrel et ménétrier, d'origine populaire, désignent des gens faisant métier d'amuser. Minutum a donné minute et menu, au sens de subdivision de l'heure et de division en articles. Minutiare, détailler du bois, a donné menuiser puis menuisier, et menuet, danse à petits pas.

Mot : du latin mullum, grognement. Dérivés motus et motet.

Muse : du latin musa, grec mousa. Les muses présidaient à la poésie, à la danse, à la musique,...

Naitre : du latin nascere. A donné naissance et renaissance, natif et naïf, natal et son doublet populaire noël.

Neuf : du latin novum, dérivé nouveau. On rattache à novum le mot nuntium, messager qui donne les nouvelles, français nonce, et le verbe nuntiare, d'où annoncer et prononcer.

Neume : voir pneu

Noire : du latin nigrum.

Nom des notes : voir gamme et ut.

Note : voir connaître

Nue : du latin nubem, dérivés nuage et nuances.

Octave : voir huit

Ode : grec ôdé. Dérivés palinodie, chant à rebours, parodie, prosodie et psalmodie. Le grec melôdia, formé avec melos (rythme) a donné mélodie et mélopée (voir poème). Comoedia, chanson de fête, a donné comédie.

Oeuvre : doublet italien opéra, du latin opera.

Oral : du latin os, génitif oris, bouche. Le verbe dérivé orare signifiait à la fois parler et prier, d'où oraison. Oraculum a produit oracle, " parole " d‘un dieu, orémus signifie prions et oratorio nous vient de l'italien.

Orchestre : du grec orkhêstra, partie du théâtre grec où le choeur faisait ses évolutions.

Oreille : du latin auricula, diminutif de aurem auquel se rattache aurire, d'où ouïr. Dérivé savant auditeur. Oboedire, français obéir, écouter quelqu'un dans le sens de faire ce qu'il dit. Ausculter, doublet populaire écouter, contient la vielle forme aus-, oreille et clu- (entendre, rattaché à clientem, le client). Akouein en grec signifie entendre, d'où acoustique.

Orgue : doublet d'organe, se rattache par le latin au grec organon, instrument, moyen d'agir. [Organes de l'orgue : les tuyaux].

Pain : est le latin panem. Dérivé panier, d'abord corbeille à pain, apanage, proprement nourriture assurée, compagnon et copain, compagnie et accompagner.

Pan : mot grec, génitif pantos, tout, d'où panacée. Diapason est formé avec le génitif pluriel féminin. Voir dia.

Paon : est le latin pavonem, d‘où vraisemblablement, pavane, danse où l'on fait la roue. Parole : dont palabre est la forme espagnole, doublet populaire parabole se rattache au grec ballein, jeter, d'où bolide. Diable est le grec diabolon, qui " se jette en travers ". Verbum, parole en latin, a donné verbe et verve, primitivement langage. [Pauvre diable ! Cette rage lui tient lieu de verve !]

Part : du latin partem, signifiant part, partie et parti. Le verbe partiri a donné partir, dérivés partage et partition.

Pause : du latin pausa, cessation. Le verbe pausare, faire une pause, est devenu poser. La ressemblance de poser avec position, tiré d'un dérivé du latin ponere, placer (voir site), a fait attribuer à poser le sens de placer.

Pavane: voir paon

Pétition : du verbe latin petere, supin petitum, signifiant primitivement " voler vers " et " se précipiter ". Propitium, qui tombe en avant, a donné propice, impetum, élan, a donné impétuosité, perpetuum, qui va sans interruption, a donné perpétuel. De l'idée de précipitation on passe à celle de vif désir ou sollicitation, d'où appétit et pétition. Répéter, c'est revenir, au propre et au figuré.

Phonème : du grec phôné, son et voix, d'où aphone, cacophonie (grec kakon, mauvais) et symphonie.

Piano : voir plain

Pied : latin pedem, grec poda, d'où péage, droit de passer à pied, pédale, d'origine italienne. Le verbe expedere a donné expédier. Pedica, dérivé de pedem, entrave pour les pieds, a donné piège, et impedicare a donné empêcher, et dépêcher au sens d'expédier, enlever l'entrave. Podium a donné puy, montagne, et appuyer, placer contre un support, d'où appui². [Expédiez vos entraves et dépêchez-vous d'aller voir les puys, à pied ou en appuyant sur les pédales, ainsi vous ne serez pas empêchés par le piège des péages].

Placer : voir site

Plain : du latin planum, qui signifie plat, uni, d'où plan. Le plain-chant est un chant uni, sans accident autre que le si bémol. La forme italienne est piano, qui adverbialement signifie d'une manière égale, sans forcer le son.

Plat : du latin platea, plat et large, comme les feuilles du platane. Autres dérivés placer, platine (plaque) et plafond.

Plein : du latin plenum. Le vieux verbe complir, " remplir " une formule de politesse, a donné compliment.

Pneu : forme abrégée de pneumatique, du grec pneuma, génitif pneumatos, souffle, rattaché à pnein, souffler et respirer. Le mot neume, terme de plain-chant, désigne un groupe de notes fait d'un seul souffle.

Poème : du grec poiein, créer. Avec le mot grec onoma, génitif onomatos, nom, a été fait onomatopée, création de nom.

Pratique : du verbe grec prattein, faire, d'où praticable.

Prélude : voir allusion

Prestation : voir ester

Presto : voir site

Prière : du latin precari. Dérivé savant précaire, que l'on obtient par la prière.

Prix : du latin pretium, dont le sens primitif est " prix de vente ", d'où priser et commissaire priseur, considéré comme apparenté au grec porné, " femme qui se vend ", d'où pornographie. A pretium se rattache interpretem, proprement intermédiaire, d'où interprète.

Profane : voir fanatique

Prononcer : voir neuf

Prosodie : voir ode

Psalmodie : voir ode

Psaume : du grec psallein, gratter les cordes d'un instrument. Un psaume était en Grèce un air joué sur la lyre ou la harpe.

Pupitre : du latin pulpitum, proprement estrade.

Queue : du latin cauda, dont coda est la forme italienne.

Rang : d'où ranger et arranger, est d'origine germanique.

Récital : voir citer.

Record : voir coeur

Recueil : voir lire

Refrain : voir fraction

Régir : de regere, supin rectum, conduire sans dévier, d'où diriger, roi, latin regem, et droit, latin directum.

Religieux : voir lire

Rengaine : origine inconnue [De L. Clédat en 1923, rappel !]

Répéter : voir pétition

Requiem : voir coi

Respirer : voir esprit

Ritournelle : voir tour

Rime et rythme : du grec rhuthmon, mouvement cadencé comme celui des flots.

Sac : italien sacco, se rattache à sac comme " sac de butin " (" mise à sac ") ou au vieux verbe saquer, tirer, d'où saqueboute (" tirepousse ", du verbe bouter, pousser) ancêtre du trombone. Dérivés de sacco : saccage, ressac et saccadé.

Sacré : de sacrum, consacré aux dieux. Dérivés : sacrement et son doublet serment, exécrer, proprement maudire.

Sérénade : mot venu du midi, dérivé de soir, latin serum, d'où serein, humidité du soir.

Seoir : de sedere, supin sessum, être assis, d'où séance, session, siège, assiduité, présider.

Seul : latin solum, italien solo, d'où soliste. Dérivé latin solennem, solennel, qui ne se reproduit qu'une fois par an. Solidum, d'une pièce, a donné solide et souder, et, au sens de monnaie, sou, soudoyer, solde, de l'italien, et soldat !

Silence : latin silencium.

Site : se rattache à sinere, supin situm, placer, laisser, cesser, d'où désinence, terminaison d'un mot. Avec le préfixe prae- le supin a donné praesto, d'où presto, prêt. Formé avec le préfixe po- et sinere, le verbe ponere, supin positum, a donné pondre, position et posture. Autre dérivés composer, exposer, transposer, et aussi prévôt, avec son doublet préposé.

Solennel, soliste, : voir seul

Sonner : du latin sonare, d'où son et sonnet. Sonate nous vient d'Italie. Consonne, consona, qui ne sonne de façon perceptible qu'avec une voyelle.

Soprano : voir sur

Soupir : voir esprit

Soutenir : voir tenir

Spectacle : voir épice

Stabat mater, stage, stance, système: voir ester

Staccato : ne figure pas dans le dictionnaire, c'est un mot italien qui signifie détaché.

Syncope : préfixe sy et verbe grec qui signifie couper, retrancher, d'où défaillance.

Sur : est le latin super, devenu sus et dessus avec le préfixe de-. Dérivé de super : souverain, qui est superanum, qui est au dessus, et son doublet soprano. Dérivés : supercherie, mot italien qui a signifié " moquerie dédaigneuse " et soubrette, d'origine provençale, signifie " servante moqueuse et délurée ". [Une soubrette peut donc faire une bonne soprano].

Tarentule : araignée très répandue dans la région de Tarente. La tarentelle est une danse appliquée à la guérison des gens piqués par une tarentule.

Tacet : du verbe latin tacere, se taire. Mot tout latin qui signifie " il se tait ".

Temps : du latin tempus, temporis, grec correspondant khronon. Le mot temps réunit les acceptions d'état atmosphérique, durée, moment, opportunité, d'où tempête, temporaire, printemps et contretemps. Temperare, mélanger pour modérer, a donné tempérer et tremper, d'abord modérer le vin avec de l'eau, puis faire trempette.

Tenir : du latin tenere, d'où teneur, doublet de ténor. Dérivés : content, qui s'en tient à, continu, de continuum, qui se tient sans interruption, soutenir, dérivé de sustinere, attention, tension de l'esprit, détendre, défaire la tension, entendre, saisir par l'esprit et par l'oreille.

Ténor : voir tenir

Texte : voir tissu

Timbre : tympan et tympanon sont trois formes du grec tumpanon, latin tympanum, tambour. Le fonctionnement de l'oreille a été assimilé à celui d'un tambour, d'où le nom du tympan. Le mot timbre a d'abord désigné un tambour arrondi puis par comparaison une espèce de cloche, puis la sonorité de la cloche. Par une autre comparaison, on a eu le sens de calotte du casque couronnant les armoiries, puis armoiries, puis cachet particulier d'une personne ou d'une administration, spécialement celles des postes. Tambour serait une déformation de tumpanon, jadis tabour, d'où tabouret.

Tissu : participe passé du vieux verbe tistre, du latin texere, supin textum. D'où tisser, textile et texte, tissu de mots.

Ton : du latin tonum, du grec tonon, tension, rattaché au verbe teinein, tendre (voir tenir). Dérivés et composés : tonique, atone, tonalité et intonation, tous deux directement liés aux acceptions musicales du mot ton. Entonner, mettre dans le ton.

Tour : d'abord torn, est le latin tornum, grec tornon, et signifie métier pour arrondir le bois, puis sorte de guichet pivotant des couvents, d'où soeur tourière. Dérivés autour, retour et ritournelle.

Transpose : voir pause et site

Trois : latin tres. Dérivé italien trio, d'où triolet. La forme ordinale tertium a donné tercet, stance de trois vers. Autre dérivé : ternaire, à trois temps. Triptyque, à trois plis, vient du grec.

Trope : du grec tropon, tour, procédé de rhétorique par lequel un mot est détourné de son sens propre et reçoit un sens figuré. Le latin tropare, d'où trouver, aurait signifié faire des tropes, écrire des poèmes, rencontrer des idées, où tourner autour d'un objet, le rencontrer. Dérivé trouvaille et trouvère (en langue d'oc) d'abord trouveur, et troubadour (en langue d'oïl). Etymologie de oc et oïl? A la question "Est-il venu ?" on répond dans l'affirmation provençale par " oc " pour " oui ", qui vient du latin "hoc", "cela", et signifie "c'est cela". La vieille affirmation française vient du même mot mais auquel s'ajoute le pronom personnel: à la question "Est-il venu ?" on répond " o (hoc) il (est venu) " et " oïl " est devenu "oui". La langue anglaise garde cette habitude de répondre, en ajoutant le pronom et le verbe, par exemple : " Yes he came ".

Ut : le nom des notes a été tiré des premiers vers de l'hymne de Saint Jean-Baptiste : Ut queant laxis resonare fibris, mira gestorum famuli tuorum, solve polluti labbi reatum, SI (Sancte Iohannes). Ut a plus tard été remplacé par do, plus facile à prononcer. [Do est aussi la première syllabe de dominus ; voir aussi gamme].

Vair : latin varium, de plusieurs couleurs, d'où vairon, yeux de couleur différente, dérivé varietatem d'où variété.

Vers : du verbe vertere, tourner, supin versum, d'où verset. Le composé divertere a donné divertir.

Vivre : du latin vivere, supin victum, dérivé vivacem, d'où vivace. Au dérivé vivum est rattaché viole, instrument vif. Violon est d'origine italienne.

Voir : de videre, supin visum. Providere a donné pourvoir, voir et aviser d'avance, et le dérivé savant provision. Improviser, d'origine italienne, exprime l'idée de parer à l'imprévu.

Voix : latin vocem. Dérivés vocal et voyelle.

Le premier troubadour

Musique1086 La poésie occitane voit le jour avec le premier troubadour connu : Guillaume IX, duc d'Aquitaine (né en 1071 et mort en 1126 à Poitiers). Cette poésie portée par le chant, des chansons d'amour frôlant souvent l'érotisme, connait son apogée au XIIème siècle jusqu'à la moitié du XIIIème siècle, et s'étendra à plusieurs pays européens jusqu'à la fin du XIVème siècle. La poésie des troubadours fut un médium efficace de transmission d'information et de codes culturels dans le réseau des cours d'Occitanie et de toute l'Europe occidentale. [HMDLF Fabio Zinelli]

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