1202 Pour financer la quatrième croisade (qui se terminera par le sac de la ville Chrétienne de Constantinople et l'excommunication de tous les croisés !), Baudoin, comte de Flandres et de Hainaut*, fait appel aux Vénitiens lors d'une cérémonie à Venise devant témoins, dont le Doge lui-même. (* né à Valenciennes en 1171, élu empereur de Constantinople en 1204 par les croisés et les Vénitiens, mort en 1205 ou en 1206 à Tarnovo dans l'Empire bulgare). Baudoin emprunte au nom des croisés une somme colossale de quatre-vingt sept mille marcs d'argent, équivalente à quinze à vingt tonnes d'argent à 92,5%. Baudoin s'engage à rembourser en plusieurs échéances, dont la première en janvier 1203 à la foire de Lagny, inaugurant ainsi un nouveau type de transaction : l'obligation à terme. Ce premier rendez-vous montre que les foires de Champagne ne sont donc pas de simples lieux d'échange de marchandise. Elles se sont développées à l'échelle européenne grâce au Comte de Champagne Henri le Libéral (1127 - 1181) avec deux outils ; d'abord le " conduit " : négocié avec les comtes et princes de toute l'Europe, il permettait aux possesseurs de voyager sereinement, la puissance publique locale assurant la protection des biens et des personnes ; ensuite la garantie accordée par le Comte sur toutes les transactions inscrites dans les registres des foires, sur le principe de la solidarité interne des confréries marchandes envers les dettes de leurs membres, sous peine d'exclusion de tout le groupe ; ainsi les obligations payables dans les foires deviennent de nouveaux outils monétaires. Les foires de Champagne deviennent un grand réseau de circulation économique fonctionnant toute l'année avec les deux foires annuelles de Troyes et de Provins, la foire de Bar-sur-Aube et celle de Lagny, à faible distance de celle du Lendit, dans la plaine St Denis près de Paris. Les fores ont permis la croissance des industries textiles, en particulier flamandes, car elles étaient le lieu d'approvisionnement en laine et teintures, et de vente des draps pour toute la Méditerranée via Venise. On y trouvait aussi des articles en métal, des épices, du vin, et l'hôtellerie du voisinage était florissante, toutes activités sous la surveillance des gardes de foire, faisant appliquer dans toute l'Europe les règles édictées par le Comte sur la base des engagements inscrits aux registres, sans recourir à l'autorité de l'Etat ou d'un quelconque tribunal. [HMDLF - Mathieu Arnoux].
Ou retour arrière pour arriver directement à "En savoir plus".
(https://histware.com. Histoire des génies: art, technique, science).